zeldathemes
Mazarine

Galeriste le jour, feminist by night.

Une franco-something de 26 piges qui baroude dans Paris.
Accessoirement lesbienne et independant queen endurcie.

Dear Mazarine,
let's crush patriarchy.

Vous êtes lesbophobe si…

  • si vous trouvez qu’un couple de femmes ne devrait pas s’embrasser dans la rue, que ça relève de la vie privée, 
  • si la première chose à laquelle vous pensez quand vous rencontrez une femme attirée par les femmes, c’est la façon dont elle fait l’amour. 
  • si vous pensez qu’il est tout à fait pertinent de proposer un plan à trois, 
  • ou de lui demander sa marque de sex toy préféré, 
  • si vous êtes intimement convaincu(e) que c’est une phase et que la dame en question ne sait pas vraiment ce qu’elle dit, 
  • si vous vous posez la question de savoir si oui ou non elle a déjà fait l’amour avec un homme 
  • ou que vous lui demandiez directement, “par simple curiosité”, 
  • si vous pensez que c’est vraiment la tuile et que vous êtes un pauvre petit chiot sans défense quand une femme attirée par les femmes refuse vos avances, 
  • si vous vous demandez comment elle gère au quotidien, pour s’occuper de sa voiture, du bricolage… 
  • si vous vous inquiétez de l’avenir de ses futurs enfants “sans papa”, 
  • si vous pensez qu’elle n’a tout simplement pas trouvé un homme suffisamment tendre, 
  • si vous pensez simplement quoi que ce soit en rapport avec ses pratiques sexuelles, ses attirances, où la façon dont sa sexualité peut influencer sa vie. 

Parce que, *breaking news * 

  • Les couples hétéro ne se gênent pour s’inspecter la glotte à longueur de journée sans qu’on les inquiète d’une quelconque “décence” de vie privée, 
  • Vous ne vous posez jamais la question des pratiques sexuelles de la personne hétéro que vous venez de rencontrer, 
  • Vous lui proposeriez encore moins un plan à trois, 
  • Et loin de vous l’idée de vous renseigner sur ses sex-toys, 
  • Vous ne remettez jamais en question d’un hétéro puisse être hétéro, 
  • Vous n’allez jamais lui demander si oui ou non la personne a tesé avec une personne du même sexe, 
  • Vous acceptez complètement l’idée qu’une personne ne puisse tout simplement pas être attirée par vous, parce qu’elle n’apprécie pas votre humour, ou votre look, peu importe la raison. 
  • Vous vous foutez de savoir comment une femme hétéro fait pour changer un pneu, 
  • Si ses enfants n’ont pas de papa pour x ou x raison, c’est une “mère courage” avec des enfants “super”, 
  • Vous acceptez tout à fait l’idée qu’une femme puisse être célibataire sans pour autant avoir de tare et que donc c’est de sa faute si elle est célibataire, 
  • Vous vous foutez simplement de ce que les gens foutent dans leur pieu. 

Alors pourquoi ce traitement de faveur ?
Posez-vous les bonnes questions

Ça me gonfle tellement ce genre de VDM. Côté gay comme côté lesbien d’ailleurs. Quand un/e hétéro refuse tes avances, c’est normal parce que ça arrive, c’est pas de bol mais voilà. Mais quand c’est un LGBTQ, c’est une “vie de merde” ?

Diary

Le problème quand on écrit des bouquins, c’est que ça nous fait penser à tout un tas de choses auxquelles on n’aurait pas pensé dans le cours normal des choses. On crée des scénarios parfaits ou même imparfaits pour des moments romantiques ou des grandes joies, comme des naissances, des mariages. On se retrouve à dessiner des faire-parts pour des gens et des événements fictifs par perfectionnisme, on choisit des hôtels, des villes, des paysages idylliques…  

Et puis quand on a terminé d’écrire le chapitre, on se retrouve entre les quatre murs de chez soi, seule, avec Gayvox qui bippe en fond sonore. On parle à des personnes qui n’ont jamais - grand dieu jamais - pensé à ce genre de choses alors qu’on vient juste de vivre l’amour fou par procuration.

C’est vraiment un coup à devenir bipolaire, et à préférer vivre dans cet univers merveilleux.

Yuck, y’a le creep de l’arrêt de bus qui est encore venu me taper la discut’…  jaiempasjaimepasjaimepas

Drôle ! 


summerdhole said: Bien sûr, mais là tu parles du vrai féminisme, celui qui fait des changements et qui essaie d’améliorer la vie. Ce que les gens voient malheureusement (ou cherchent à voir) sont des gens comme les femen et autre, qui se protègent derrière ça.

C’est exactement la même chose. Le “problème” des Femen, c’est que leur mouvement reprend des codes qui sont extrêmement pertinents dans un contexte qui lui, leur est moins adapté. Les Femen sont nées en Ukraine, où la séparation de l’église et de l’état n’est pas du tout la même qu’en France, où la criminalité est au delà de la justice comme nous la connaissons. Les pays de l’est sont bien plus sujets à la marchandisation des corps, à l’objectification des femmes et à la pression religieuse que nous ne le sommes, en France. Les raisons de leur exil sont des menaces de mort, car là-bas, on “tue” quand ça dérange - au littéral comme au figuré. La poursuite du mouvement par Amina Sboui est tout aussi pertinent compte tenu du fait qu’Amina elle-même est issue d’une culture qui est liberticide, où la femme est une possession qui se vend et qui doit répondre aux diktats religieux et patriarcaux. Il est donc tout à fait pertinent que ces militantes utilisent l‘“objet ultime du problème”, leur propre corps, pour protester contre toutes les violences morales ou physiques qui sont faites justement sur leur propre corps. En gros, placé dans leur bon contexte politico-culturel, le mouvement Femen fonctionne comme un vaccin : on injecte une petite dose de virus dans la société pour que la société crée ses propres anti-corps et lutte à son tour contre le virus. Elles injectent des images interdites dans le conscient collectif pour créer une prise de conscience, pour pousser au questionnement, afin que les gens créent leurs “anti-corps” > qu’ils affinent leur pensée sur la question, qu’ils s’éduquent, qu’ils s’intéressent au sujet, parce que l’éducation est la clé du progrès social. 
Le problème est que nous, en bons petits français, nous lisons les codes des Femen à travers notre propre culture qui malgré les discriminations, est sensible et éduquée aux questions des droits de l’Homme en général. Pour nous, le corps nu de la femme n’est généralement pas le lieu de marchandisation ou de diktat religieux. Nous sommes beaucoup plus libérés sur la question du rapport au corps de la femme et même si l’objectification résiste dans la publicité, ce n’est rien comparé aux pressions que subissent les corps des femme dans les mondes de l’Est ou de l’Afrique-Orient. Il n’est donc pas pertinent de l’utiliser ainsi ici car il se perd dans l’océan de l’image médiatique, et ne crée par l’effet “anti-corps” comme en Ukraine ou au Maghreb. Tout est question de contexte… Le féminisme en Arabie Saoudite, c’est lutter pour que les femmes puissent légalement conduire. Imagine que tu transposes ça en France, des femmes qui luttent pour le droit de conduire, ce serait une vaste blague ! Les Femen, c’est exactement la même chose. Pertinent, utile, mais pas au bon endroit.